Disparition du photogramme (légendes)

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« A stupa set afloat by Taira no Yasunari at Kikaiga Shima Island reaches Itsukushima (Island) shrine. »

« The tale of a woman knowing a man’s parentage by reeling a thread. »

En septenbre 2012, visitant à Tokyo une exposition de peintures sur éventails illustrant des passages du « Heike monogatari » (récit épique de la littérature japonaise), j’avais été frappé par la capacité de certaines des légendes utilisées en regard des pièces exposées à se dégager du rapport strictement descriptif pour ouvrir à un sens nouveau, en marge, par la simple concision de la formulation et la possibilité d’extrapoler la logique syntaxique. À la fois pointant vers des images culturelles bien connues et détachées du fil général de la narration, certaines formules avaient acquis de leur compacité et leur logique (dans ce cas par le jeu de la traduction en langue anglaise et le dispositif d’exposition) une capacité à produire un sens inattendu, comme au milieu même du cliché. N’y aurait-il pas possibilité d’échapper aux formes obligées du monde sans pour autant viser une langue qui le surplombe ?

Si le poème a quelque chose à voir avec la formule, ce n’est sûrement pas au sens du slogan (qui vise l’effet produit, risque de toute forme brève) mais plutôt au sens que lui donnent les mathématiques : un clair travail de mécanique et de logique. Comment déconstruire/construire avec peu ?

Ce texte est composé d’un ensemble d’énoncés en apparence fermés, mais dont la clôture est doublement pervertie. D’abord (puisque ce sont des légendes) par la référence à un objet extérieur, image, fait perçu, autre texte, dont chaque énoncé est la re-formulation. Ensuite par la construction propre, la machinerie interne de ces énoncés, qui présente comme des décalages ou des dérèglements. Légendes : un anti-scénario du monde.

Extraits :

  • Bruno Pellier - Légendes (texte en cours)

 

Ce texte a donné lieu à plusieurs lectures-performances en 2015, 2016 et 2017.